La création d’un pôle d’excellence
: La Chambre de Commerce et d’Industrie du Puy/Yssingeaux
et le Comité d’Expansion Economique oeuvrent
ensemble pour le développement durable de cette filière
et son maintien sur le marché concurrentiel international.
Pour ce faire, la décision de participer à
l’appel d’offre d’un pôle de compétitivité
a été prise pour être concrétisée
en juin 2005. Un pôle de compétitivité
repose sur la collaboration, sur un territoire donné,
entre des entreprises et des organismes publics ou privés
de recherche et de formation unissant leurs efforts pour
développer, dans un ou plusieurs domaines technologiques
et industriels, des actions conjointes en matière
d'innovation et de recherche-développement. Lancé
par le Comité Interministériel à l'Aménagement
du Territoire du 14 septembre 2004, l'objectif de cet outil
de développement industriel est de renforcer la compétitivité
de pôles technologiques et industriels fortement spécialisés
et d'envergure internationale, et de lutter ainsi contre
la désindustrialisation et les délocalisations.
Un pôle de compétitivité est ainsi à
l’étude sur le secteur de Sainte-Sigolène.
Ce qui a permis à des entreprises de lancer une action
de recherche-développement particulièrement
innovante sur un thème qui donne lieu à de
nombreuses polémiques.
Une problématique
: Depuis son apparition dans les années
1970, le sac plastique distribué en sortie de caisse
par les magasins est rapidement devenu indispensable à
notre vie quotidienne (économique, léger,
imperméable, hygiénique, résistant
puisqu’il peut porter jusqu’à 2000 fois
son poids). 80% des sacs de caisse sont réutilisés
comme sacs à déchets par les consommateurs.
Une grande partie des autres sacs part dans les filières
de recyclage (le polyéthylène s’y prête
parfaitement). Certains sont néanmoins abandonnés
dans la nature, ce qui provoque une pollution visuelle dommageable
pour le produit et la profession. Outre l’éducation
du consommateur et l’amélioration des filières
de récupération, l’évolution
technologique du sac plastique, ou de façon plus
générale du film plastique, doit prendre en
compte ce problème essentiel pour ne pas aboutir
à une situation d’interdiction.
Réflexion sur un projet
: Conscientes de la nécessité de
lutter contre la pollution générée
par l’abandon des sacs de caisse dans la nature, ces
entreprises se sont engagées en 2002 dans une action
de recherche-développement avec le soutien de la
CCI du Puy/Yssingeaux, du Comité d’Expansion
Economique, du Conseil Régional d’Auvergne,
de la DRIRE Auvergne, de la DATAR et en collaboration avec
le Professeur Jacques Lemaire du CNEP (Centre National d’Evaluation
de Photoprotection, Aubière, Puy de Dôme) :
le lancement d’une nouvelle génération
de sacs à durée de vie maîtrisée
qui, s’ils sont accidentellement abandonnés
dans la nature, disparaissent dans un laps de temps contrôlé
sans générer aucun impact sur l’environnement.
Cette solution est encore plus respectueuses de l’environnement
: le sac à durée de vie maîtrisée,
nommé NEOSAC, n’est plus seulement recyclable
mais également biodégradable.
Alors que d’une part, de plus en plus d’enseignes
de la grande distribution distribuent des sacs cabas gratuits
en sortie de caisse pour éradiquer les sacs plastiques
traditionnels et que d’autre part, le député
UMP de Seine et Marne, Yves Jego, a présenté
devant l’Assemblée Nationale un projet de loi
sur la réglementation des sacs de caisse prévoyant
leur suppression complète d’ici 2010, avec
les conséquences économiques que l’on
imagine pour les entreprises du pôle sigolénois,
l’annonce du lancement de NEOSAC ne va sans doute
pas se faire sans polémique de la part des écologistes
et groupes de pression divers. Mais elle constitue une réponse
individuelle et technologique au problème soulevé.
Jacques Barrot, avant de devenir commissaire européen,
et Laurent Wauquiez, aujourd’hui nouveau politique,
se sont fortement investis auprès des industriels.
La composition : Par définition, le plastique
est composé de polyéthylène qui est
un polymère (granulés) non biodégradable.
Comment des entreprises sont-elles parvenues à concevoir
un tel projet ?
NEOSAC est un polyéthylène modifié
dont l’aptitude à la biodégradabilité
lui est conférée par l’adjonction de
trois additifs. Un stabilisant alienie les deux autres composants.
Le sac conserve toute sa solidité pendant une année
de stockage et d’usage normal à l’intérieur
d’un bâtiment. C’est la phase de stockage.
Ensuite, un photo inducteur qui réagit à la
lumière, à l’oxygène et à
la chaleur permet au sac dispersé dans la nature
de se fragmenter spontanément en 3 mois (6 s’il
est enterré ou immergé). C’est la phase
de dégradation. Enfin, un termo oxydant attaque par
oxydation les fragments restants pour les rendre biodégradables.
Ce dernier additif est aidé dans son action par des
micro-organismes présents dans les sols, les Rhodoccocus,
qui se nourrissent des fragments. C’est la phase de
biodégradabilité.
Le processus de biodégradabilité ne produit
aucune substance toxique pour la faune et la flore.
La chaleur est nécessaire pour que la biodégradabilité
soit efficace. NEOSAC est donc plus propice au climat de
l’Europe de l’Ouest que celui de l’Europe
du Nord où le délai de biodégradabilité
serait multiplié. Ce constat avantage nos entreprises
placées sur le marché concurrentiel.
Deux craintes se sont présentées. A commencer
par son prix 20 à 30% plus élevé qu’un
sac polyéthylène classique. Les magasins accepteront-ils
d’utiliser NEOSAC et sera-t-il payant pour les consommateurs
? Ce sera aux distributeurs d’en décider. Deuxièmement,
NEOSAC est-il aussi solide qu’un sac classique ? Sa
composition n’altère en rien ses propriétés
fonctionnelles : il est inoffensif et peut être réutilisé.
Un label : Un cahier
des charges a été élaboré par
le CNEP pour prouver la biodégradabilité,
c’est-à-dire la disparition complète
des fragments. La marque NEOSAC déposée à
l’INPI sera apposé sur chaque sac qui répond
aux trois critères fixés dans ce cahier :
conserver ses propriétés physiques et mécaniques
pendant une année de stockage et d’usage en
conditions intérieures, se fragmenter spontanément
après oxydation au bout de 3 mois d’exposition
en conditions naturelles, continuer à s’oxyder
à température ambiante, aidé par les
micro-organismes présents dans les sols, pour disparaître
complètement.
D’autres produits se vantent d’être biodégradables.
Pour certains c’est vrai mais ils coûtent 5
à 7 fois plus cher.
Une structure juridique protectrice
: L’association NEOSAC regroupe et défend
les industriels qui ont participé au programme et
elle est propriétaire de la marque. Cette structure
a également pour mission de faire la promotion de
NEOSAC. Une campagne de communication (société
Publicis) d’un budget de 300 000 € sera lancée
en avril par affichage publicitaire en direction des clients
des industriels (notamment la grande distribution) mais
aussi les élus locaux ou les associations de consommateurs.
Par ailleurs, elle devra réfléchir à
des problèmes non maîtrisés : anticiper
sur la hausse ou la baisse du coût des matières
premières, le coût du pétrole, le cours
du polyéthylène, la parité euro et
dollars dans l’avenir, la légifération
de ce nouveau sac.
LES 12 ENTREPRISES AYANT
PARTICIPE AU PROGRAMME NEOSAC |
RAISON SOCIALE |
COMMUNE |
INTERLOCUTEUR(S) |
| ALPACK |
RIOTORD |
THIERRY LARGUIER |
| BARBIER |
SAINTE SIGOLENE |
ABEL BARBIER/SERGE VASSAL |
| COLLY ET MARTIN |
SAINTE SIGOLENE |
JACQUES COLLY |
| GRANGER FRERES |
SAINTE SIGOLENE |
CHRISTOPHE GRANGER |
| GUERIN PLASTIQUES |
SAINTE SIGOLENE |
BERNARD PLOTTON |
| J & M COMPOUND |
SAINT ROMAIN LACHALM |
HENRI GRANGE |
| J & M PLAST |
BEAUZAC |
HENRI GRANGE |
| LEYGATECH |
SAINT ROMAIN LACHALM |
THIERRY BONNEFOY |
| PICHON PLASTIQUES |
SAINTE SIGOLENE |
JOCELYNE DUPLAIN |
| RIBEYRON & CIE |
SAINTE SIGOLENE |
MICHEL RIBEYRON |
| SIGOPLAST |
SAINTE SIGOLENE |
FRANÇOIS ROULE |
| STTP EMBALLAGE |
SAINTE SIGOLENE |
JEAN PIERRE FAYARD |
LE MARCHE DU FILM
POLYETHYLENE
L’industrie de transformation des films PE en Europe
subit de nombreux changements ces dix dernières années,
avec des mouvements de désinvestissements de la part
de grands groupes des activités pétrochimiques
ou des emballages plastiques, et la concentration de l’activité
sur quelque 50 entreprises leaders en volume de production
en Europe. Pourtant, le marché continue sa croissance
en volume. Il s’appréhende de plus en plus
à l’échelle européenne, voire
mondiale. Cela se traduit par un processus de réorganisation
géographique des structures (concentrations, spécialisations,
délocalisations…), avec des flux d’importation
et d’exportation croissants de l’offre. Face
à cette triple évolution du marché,
les entreprises ont développé des stratégies
différentes.
Les entreprises allemandes sont les plus
fortement internationalisées et conduisent une stratégie
significative de volume ;
Les entreprises du Benelux sont aussi fortement
internationalisées et ont des stratégies de
spécialisation, soit en terme de segmentation du
marché, ou de savoir-faire ;
Les entreprises italiennes exportent majoritairement
leur production à partir de sites italiens. Elles
investissent dans des équipements techniques et se
spécialisent autour d’un savoir-faire ;
Les entreprises britanniques sont actuellement
dans des phases de restructuration et tendent à recentrer
leur activité autour de segment de marché,
elles s’internationalisent progressivement par le
rachat de sociétés situées en dehors
de leur marché national ;
Les entreprises françaises apparaissent
plus atypiques au regard des autres pays, n’ayant
pas de différenciation particulière à
offrir. Elles ont en effet en majorité une offre
multi-produits et multi-applications de marché, elles
ne développent pas de logique d’internationalisation
car la croissance externe des entreprises se fait par acquisition
de sites au niveau national.
Une comparaison entre les entreprises leaders a démontré
que les leaders français ont un comportement atypique
par rapport aux autres leaders (logique d’internationalisation,
délocalisation, logique de différenciation,…).
Cette configuration actuelle du marché du film PE
implique nécessairement un développement plus
rapide des concurrents européens que celui des entreprises
françaises.
PAYS |
NOMBRE
DE SITES TRANSFORMATEURS PE |
CONSOMMATION
PE POUR EXTRUSION FILM |
PRODUCTION
MOYENNE PAR SITE |
ITALIE |
295 |
1 386 000
tonnes |
4 698 tonnes |
ALLEMAGNE |
125 |
1 134 000
tonnes |
9 072 tonnes |
ROYAUME UNI |
189 |
833 000 tonnes |
4 407 tonnes
|
FRANCE
Dont Haute-Loire |
144
80 |
800 000 tonnes
350 000 tonnes |
5 236 tonnes |
BENELUX |
62 |
669 000 tonnes |
10 790 tonnes |